jeudi 28 juin 2007

Sentiment amer

Après la déculottée que le PCF a subie lors de l'élection présidentielle, j'attendais trouver dans l'Huma ou HD des jours suivants les signes d'une remise en cause de ses choix conceptuels et stratégiques qui sont -il faut bien l'admettre- la principale raison de cet echec sans précédent. Au lieu de celà j'ai eu l'affligeante surprise de découvrir, parmi de plates banalités, dans HD du 16 mai une évocation... des " Procès de Moscou " de 1937-1938 ; véritable diatribe que pourrait revendiquer la gratin anticommuniste. Je doute fort que cette prose " extrinsèque " , aux relents d'échappatoires, soit de nature à redresser une situation bien française. Elle est d'autant plus vaine que personne n'oserait actuellement accuser le PC de soumission à une quelconque puissance suzeraine.
Je me souviens d'un passé tumultueux au cours duquel les communistes devaient ferrailler, à droite comme à gauche, avec des adversaires qui brandissaient ce genre d'argument. Nous ne puisions pas pour cela notre capacité de riposte dans les steppes eurasiennes mais au plus profond du territoire national. Là résidaient notre force et notre efficacité.
Bien sûr, aujourd'hui est différent d'hier ; qui l'était aussi d'avant hier. Cependant notre faculté d'analyser les mutations en cours n'était pas fortuite. Elle reposait sur le principe de l'immuabilité de la lutte des classes dans toute société inégalitaire et du mouvement incessant des forces productives, dont il résulte, évidemment, de nouveaux rapports de production entre les acteurs économiques individus ou entités humaines. Pourquoi donc le présent révolutionnaire est-il en panne d'inspiration? Son avenir dépend de la réponse à cette question!
Cyprien Montclar

Maximes :

" Un réactionnaire est un somnambule qui marche à reculons " Francklin Delano Roosevelt.
" Même sans espoir, la lutte est encore un espoir " Romain Rolland.
La parution de ces deux textes a été retardée pour respecter la campagne des élections législatives.
PRESAGE.
La victoire de Sarkosy est, en ce qui le concerne, celle de la démagogie sur la vérité et, pour ce qui est des électeurs celle de la frilosité sur l'audace. Elle nous prépare des lendemains qui déchantent!
L'un des aspects les plus inquiétants de ce srutin est l'éffondrement du PCF. Avec 1,9°/. des voix, celui-ci est devenu, numériquement parlant, un élément marginal de notre paysage politique.
L'embellie relative des législatives n'est pas de nature à modifier ce constat.
C'est une page magnifique du mouvement ouvrier français qui risque de s'estomper dans les limbes du passé si, dans un sursaut de clairvoyance et d'énergie, sa Direction ne ravive pas son image. Ce renouveau est souhaitable pour que toute la gauche reste fidèle à ses propres valeurs et qu'elle puisse présenter une perspective d'avenir crédible à tous ceux qui sont condamnés par le système en place à subir indéfiniment les injustices et les fruits amers des tares qui lui sont inhérentes. Il est possible si ce parti revient aux fondammentaux du marxisme, notamment à sa dialectique et s'il cesse de faire acte de repentance à l'égard de son passé.
Celui-ce n'est pas exempt de faux pas, mais ses censeurs sont eux aussi comptables des compromissions honteuses et des reniements néfastes que ceus dont ils se réclament ont commis alors qu'ils étaient en charge de notre pays. C'est valable à babord et à tribord! Il est des cendres qu'il vaut mieux ne pas remuer. Ce serait malsain pour tout le monde!
En tout état de cause, si le PCF persistait dans son attitude suicidaire, il ne laisserait plus à ceux qui lui font encore confiance qu'une seule issue à leurs déchirante alternative : celle de s'engager ailleurs. Mais en est-il un de pertinent?
Piero Cabanel